La console de mixage regroupe tout l’environnement sonore qui méritera une amplification. Elle est utile pour une sonorisation d’orchestre, d’un club, d’un home studio et pour l’enregistrement stéréo ou multipistes. Donc la direction première à considérer pour un passage à l’investissement sera pour l’orchestre, combien de voies mono et stéréo seront à mélanger. Quant à l’enregistrement sera-t-il en stéréo ou multipistes et dans ce cas combien de pistes. Ce premier pas accompli, vous en saurez plus sur la rondeur du porte monnaie à délivrer.Chaque marque décline leur modèle en différentes versions, certaines d’entre elles conviendront à vos ambitions.

Passons Ă  table

Sur le nombre d’invitĂ©s Ă  servir, tous ne suivront pas le mĂŞme rĂ©gime. Tout d’abord les prises microphones, en XLR, pour brancher un micro en signal « symĂ©trique », et les prises lignes « asymĂ©triques » en jack mono seront câblĂ©s sur votre console. Un câble asymĂ©trique n’a que deux conducteurs, un fil de cuivre et l’autre tressĂ© autour du premier sĂ©parĂ© par un isolant. La tresse protège le fil central des parasites Ă©lectromagnĂ©tiques en les absorbant. Cependant, le signal alternatif Ă©mis nĂ©cessite pour son transport deux lignes. ConsĂ©quence : plus le câble sera long et plus de parasites seront rĂ©coltĂ©s par le signal de la tresse. La connectique symĂ©trique, XLR et jack stĂ©rĂ©o, possède ses deux conducteurs plus un troisième, la tresse isolante. Les impĂ©dances entre ces deux câbles sont diffĂ©rentes, celles des connexions asymĂ©triques sont supĂ©rieures Ă  celles symĂ©triques. Chaque voie mono et stĂ©rĂ©o de la table possède une entrĂ©e asymĂ©trique et symĂ©trique. Un microphone est monophonique. Il dĂ©livre aussi Ă  sa sortie une tension très faibles. Ces quelques millièmes de volts doivent ĂŞtre amplifiĂ©s. C’est le travail d’un preampli. Vous trouvez cette fonction sur la partie haute de la tranche ou de la voie. AppelĂ©e « trim » ou « gain », vous ajustez le niveau d’entrĂ©e du prĂ©ampli en croissant le volume de la gauche vers la droite . Les deux systèmes d’échelles exprimĂ©s en dB correspondent chacune Ă  une des connectiques. Il va sans dire qu’avant toute prĂ©amplification le gain sera crantĂ© sur sa valeur minimale. Pour un meilleur rapport signal / bruit et plage dynamique rĂ©glez cette commande de sorte Ă  ce que le tĂ©moin de crĂŞte, le « peak », diode lumineuse s’allume de temps en temps. Les « PFL » (Pre Fader Listen), Ă©coute avant le fader ( volume de sortie de la voie), vous permettront d’évaluer au casque le niveau d’entrĂ©e du prĂ©ampli sans toucher Ă  vos rĂ©glages de mixage. A cotĂ© du trim, vous pouvez avoir un attĂ©nuateur de gain, de –20 Ă  –30 dB ou un commutateur Micro / Ligne.

Le spectre capricieux

Les micros les plus courants sont Ă©lectrodynamique, une petite bobine placĂ©e dans un aimant s’agite sous la pression acoustique, le son, et dĂ©livre ainsi les quelques microvolts Ă  la transmission du signal. D’autres micros, Ă  condensateur, ont besoin d’être alimentĂ©s pour fonctionner. L’alimentation est fournie soit par pile ou par une tension provenant de la table. Cette dernière est appelĂ©e « alimentation 48 v fantĂ´me » Cette tension se superpose au signal de la source sonore des deux conducteurs symĂ©triques sans l’affecter, d’ou la transparence. Son utilisation peut ĂŞtre dangereuse. Vous risquez un bourdonnement ou des dysfonctionnements si une ligne asymĂ©trique est connectĂ©e Ă  une alimentation fantĂ´me. Il est donc conseillĂ© de dĂ©sactiver le 48 v lors de la mise sous tension de la table. De plus sur certaines tables, l’alimentation fantĂ´me est envoyĂ©e sur toutes les voies Ă  la fois.

Une mĂŞme source sonore prise par deux microphones peuvent Ă©tonnamment affadir le son. C’est l’apparition des ondes en phases. Dans ce cas, sur une des sources, il faut invertir la phase, le commutateur « inverte » ou « phase 180 » vous le permette. Une Ă©coute au casque par le PFL est conseillĂ©e.

Nos derniers invitĂ©s Ă  la section des entrĂ©es voies sont les prises « insert » qui servent Ă  insĂ©rer sur une voie un compresseur, un de-esser…grâce au format « jack TRS ». Celui-ci est un jack stĂ©rĂ©o fichĂ© en la prise insert puis qui se dĂ©double en deux jack mono dont le premier est câblĂ© en entrĂ©e du processeur d’effet et l’autre Ă  sa sortie. La prise insert fait donc office de sortie et d’entrĂ©e.

Les routes-AUX-expériences

Par les auxiliaires, branchement de sorties « out aux » ou « aux send », vous pouvez envoyer le signal de chaque tranche vers ce que l’on dĂ©sire. En enregistrement, le son est transmis vers un enregistreur, en concert vers un retour scène. Plus couramment un processeur d’effet y est câblĂ©. Dans ce dernier cas, le signal traitĂ© par une reverb, par exemple, est renvoyĂ© vers la table. Toutes ces pratiques de câblage sont des rooting. Comment cela se traduit-il au sein mĂŞme de la console. Après tous les traitements d’une voie, c’est Ă  dire le passage du gain, de l’égalisation, le signal est envoyĂ© vers le processeur si le commutateur « Pre » est activĂ©. Cette fonction correspond au pre-fader, le signal est envoyĂ© avant le volume de la voie, elle est utilisĂ©e pour un enregistreur multipistes et pour les retours scène. Par ce mĂŞme commutateur en position « post », post-fader, le signal est transmis après le volume de la voie. La fonction post est utilisĂ© pour les processeurs d’effets. Si le micro est coupĂ© par le fader vous n’aurez pas l’effet. Le niveau du signal envoyĂ© de chaque tranche est assurĂ© par un potentiomètre rotatif appelĂ© « Aux ». En exemple, la voie « 1 » sera soutenue par une reverb par un envoi de 10 % et la voie « 2 » de 30 %. En style Dub, sur deux mesures, le huitième temps relatif Ă  la caisse claire est souvent accentuĂ© par une injection de reverb peu raisonnable. Les roulements de caisse claire en techno sont la prestation d’un delay…. Plus le nombre d’aux est important, plus le nombre d’effets utilisables simultanĂ©ment l’est. Cependant, au retour d’effet vous n’avez pas de volume, ni d’égalisation. S’il vous reste une tranche, retraitĂ© le signal avec prĂ©ampli et Ă©galisation plus fader. Dans ce cas, attention aux boucles d’effets, si l’auxiliaire est actif sur cette voie. Autres types apparentĂ©s aux auxiliaires, les « sous-groupe » ou « Assign Switch » sont assignĂ©s eux aussi sur la tranche. Ils servent Ă  router le signal vers des sorties de groupes stĂ©rĂ©o, par les connectiques « Group Output » ou « Sub Outs », vers un enregistreur multipiste ou pour des configurations plus complexes en multidiffusion, gestion de plusieurs enceintes dans un mĂŞme ou diffĂ©rents lieux. Le panoramique est Ă  la voie mono comme la balance est Ă  la voie stĂ©rĂ©o. Donc, nous retrouvons sur une voie mono le potentiomètre rotatif Pan pour panoramique. Si la voie 1 est assignĂ©e au sous-groupe 1-2 et le panoramique pivotĂ© en fin de course sur left, le signal sera dirigĂ© vers la sortie 1 du sous-groupe. Attention sur certaines consoles les sous-groupes influencent par leur gestion de volume les sorties mix, soit les gĂ©nĂ©rales.

Attribuer les places

Egaliser, cette partie complexe demande de l’expĂ©rience et de l’intuition. Pour rĂ©aliser cette performance, sculpter le son, les bons outils sont l’égalisation paramĂ©trique. Sinon, les moyens de bord sont les trois potentiomètres, appelĂ© Frequency : aigu ( 12 kHz ) , grave ( 80 Hz ) de +/- 15 dB Ă  frĂ©quences fixes dites plateau et mĂ©dium ( 2.5 kHz ) Ă  frĂ©quences graduĂ©es dites Ă  crĂŞtes. Ce frequency règle la frĂ©quence centrale en lui accordant plus ou moins de puissance en dĂ©cibels. Cela convient pour une guitare, une basse, une voix, une boite Ă  rythme ou un sampler, soit peu de sources Ă  traiter. L’égalisation paramĂ©trique a plusieurs paramètres d’oĂą son nom. Elle commence avec trois bandes dont deux fixes, aigu - grave, et le mĂ©dium couplĂ© au nouveau paramètre largeur de bande, Bandwidth ou Q. En qualitĂ© supĂ©rieure, 4 rĂ©glages de frĂ©quences le couple grave-aigu et le couple haut et bas mĂ©dium paramĂ©trique suffiront pour permettre de rĂ©duire l’effet larsen et de mieux cernĂ© la couleur des instruments en sonorisation. Le Q influence sur la largeur de bande autour de la frĂ©quence dĂ©signĂ©e, le chiffre correspond au nombre d’octave. Plus gĂ©nĂ©ralement, les frĂ©quences mĂ©diums sont graduĂ©es de 100 Hz Ă  8 Hz et couplĂ© Ă  un autre potentiomètre rotatif de gain qui va de + /- 15 dB. Les filtres pass-bas et pass-haut ou Low Cut sont d’autres paramètres qui sont très pratiques lors d’une sonorisation. Le commutateur Low Cut coupera toute les frĂ©quences infĂ©rieures Ă  80 Hz ou 100 Hz, il Ă©vite Ă  certaines sources d’instruments qui ne joue pas de notes si basses d’amplifier les parasites envoyĂ©s par le signal dans ces frĂ©quences. Les pass-bas coupent les frĂ©quences aiguĂ«s supĂ©rieures Ă  250 Hz, il est utilisĂ©, par exemple, pour Ă©viter les rĂ©sonances d’une grosse caisse. Les Dj’s Hip Hop et Electros crĂ©e leurs cuts en utilisant la fonction mute qui coupe littĂ©ralement le volume de la voie. En sonorisation, si un microphone est momentanĂ©ment non occupĂ©, il est mutĂ© pour proscrire des parasites supplĂ©mentaires au mixage.

Les consoles multifonctions

Beaucoup de consoles proposent leur propre système d’effets intĂ©grĂ©s. DiffĂ©rents types de retards (delay), de rĂ©verbĂ©rations, de phaser et autres flange, Ă  la distorsion et radio speaker sont assignĂ© Ă  des fonctions FX ou Aux. Cependant, ils sont livrĂ©s Ă  plat sans paramètres. Il en ressort qu’ils sont toutefois bien pratiques pour une sonorisation de petite salle de type bar ou petit club. Un minimum de reverb sur diffĂ©rentes voies gonfle le son. Si trop, l’animateur de soldes au rayon charcuterie n’est pas loin. Pour un home studio, ces effets s’avère très vite limitĂ©s. En rĂ©flĂ©chissant sur des routings entre une console de mixage et une carte son multipiste, la solution des plug-ins de l’ordinateur dĂ©laissĂ©s seront tout de suite Ă  nouveau sollicitĂ©s. Une sortie auxiliaire cablĂ©e vers l’entrĂ©e ligne « un » de votre carte son peut ĂŞtre traitĂ©e par la tranche « un » de votre console de mixage virtuelle prĂ©fĂ©rĂ©e. Sur cette voie virtuelle au sein de votre ordinateur, un ou plusieurs plug-ins d’effet peuvent ĂŞtre intĂ©grĂ© et renvoyĂ© le tout Ă  la sortie de votre carte son « un » routĂ© Ă  la tranche « un », par exemple, de votre table de mixage matĂ©rielle. Gare au bouclage d’effet et au latence. Des Ă©galisateurs 7 bandes sont aussi proposĂ©s pour les sorties principales. Un sonorisateur professionnel prĂ©fère son 31 bandes externes, dit tiers d’octave. NĂ©anmoins toujours pour le mĂŞme type de salle, cela permet de gonfler les basses suivant le type de musique ou d’enceintes Ă  disposition. Bien sur d’autres rĂ©glages peuvent ĂŞtre Ă©tudiĂ©s suivant la rĂ©ceptivitĂ© de la salle au son. Bref, l’égaliseur de sorties et les effets intĂ©grĂ©s conviennent tout Ă  fait Ă  une formation rĂ©duite au budget limitĂ©.

Les sorties de table

Souvent en connectique RCA, le tape out permet d’envoyer directement votre mixage vers un enregistreur stéréo, il est accompagné d’un tape in qui pourra lire un lecteur CD. La prise phones out, en jack stéréo, sert bien entendu à l’écoute par casque. La sortie principale, out mix ou main, se connecte à l’ampli qui alimente les enceintes en façade en stéréo s’il vous plait. En mono, pour le caisson de basse, est attribué la sortie mono out. L’insertion d’un égaliseur ou compresseur en sortie principale est fiché en jack stéréo sur le main insert. Une console de mixage doit pouvoir vous accompagner un certain temps. Elle est destiné à être transportée, manipulée. Des faders de qualités, ayant une longue course, des potentiomètres rotatifs accessibles à des doigts épais met à l’aise tout de suite un sonorisateur. Une alimentation externe permet d’éviter les parasites dus au transformateur, une connexion sécurisée par une bague de serrage de cette alimentation peut éviter bien des désagréments. Des connexions sérieuses, robustes sont recommandés. Pour un home studio, des connexions par dessus plutôt qu’en façade arrière sont appréciés car les patches peuvent changer régulièrement, et la place dans l’appartement fait souvent défaut.

Les consoles de mixages ont baissé leur prix depuis quelques années, mais la console professionnelle coûte toujours très chère. Suivre les tests matériels, les comparatifs et les guides d’achats régulièrement et surtout les essayer chez vos vendeurs préférés peut éviter bien des surprises. De plus un peu d’ambition ne fais pas de mal, il est préférable d’avoir de la marge que de se sentir limité au bout de six mois d’utilisation. Le choix d’achat entre une table de mixage pour un home studio, un petit orchestre et un sonorisateur est bien différent. Un home studiste disposant de quelques instruments midi et d’une carte son multipiste optera pour des voies stéréos et de quelques tranches monos pour des invités potentiels. Le petit orchestre à budget limité, choisira davantage de voies monos que stéréo. Enfin, le sonorisateur tranchera pour les voies mono, au moins 3 auxilliaires et 2 sous groupes stéréo. A chacun développe sa vision du futur.

…Musique ! ! !

Pour un mixage rĂ©ussi, l’égalisation est inĂ©vitable. Rappelez vous les heureuses heures passĂ©es dans une salle polyvalente oĂą personne ne s’entend. Voici un rĂ©sultat concret de la gestion de l’espace sonore. En physique acoustique, une note jouĂ©e n’est jamais pure. Un « la 3 », le la du diapason Ă  440 Hz de frĂ©quence, dresse une fondamentale sur laquelle tous les instruments de l’orchestre s’accordent. Tous les instruments auront donc la mĂŞme fondamentale Ă  cet instant T. Par rĂ©sonance cette mĂŞme note gĂ©nère d’autres sons qui sont la quinte supĂ©rieure, dans ce cas un mi 4, une douzième ( la tierce Ă  l’octave), ici un do # 5. Oh ! le joli clavier tempĂ©rĂ©. Ces sont les frĂ©quences sensibles. Enfin apparaissent les harmoniques unies en une grappe de sons aigus non perceptibles en hauteur. Ces trois paramètres, la colonne fondamentale, la frĂ©quence sensible et surtout les harmoniques vont dĂ©cider du timbre de l’instrument. Cela diffĂ©rencie la trompette d’un violoncelle. En accentuant l’égalisation sur la fondamentale on obtient une assise, chaleur et profondeur. Sur les sensibles l’instrument devient très prĂ©sent dans le mixage. Les harmoniques rĂ©vèlent la couleur du son et sa clartĂ©. Plus un instrument joue dans les graves plus ses frĂ©quences sensibles et harmoniques seront Ă©tendues. Une contrebasse jouĂ©e Ă  100 Hz rempli pleinement nos perceptions auditives qui, en thĂ©orie, vont de 20 Hz Ă  20 KHz .Ce sont dans ces registres graves que les problèmes, lors de l’égalisation, surgissent. Une balance lors d’un concert de rock commence toujours par les rĂ©glages de batteries et notamment le tandem grosse caisse, exprimĂ© ici en frĂ©quence fondamentale suivant l’accordage 70-90 Hz, et tom basse, Ă  90-110 Hz . La frontière entre ces deux percussions est bien mince. En y ajoutant la caisse claire, 150 – 250 Hz et le charley, 200 – 400 Hz, l’espace est bien rempli. RĂ©sultat notre batterie est puissante. Or dans le mĂŞme registre va se profiler la basse, 100 Ă  250 Hz, et la … le flou le plus total. Que se passe t-il...

Que voulons nous désormais, une grosse caisse profonde sans attaque, une basse perceptible mais chaleureuse. Dans ce cas, laissons se profiler la fréquence fondamentale de grosse caisse, réduisons ses fréquences sensibles et coupons ces harmoniques. Pour la basse, atténuons sa fondamentale et rendons présent ses fréquences sensibles. Pour agrandir notre no man’s land réduit entre la grosse caisse et le tom basse, nous affecterons à ce dernier une atténuation de sa fondamentale, des sensibles hautes pour donner un effet d’attaque. Ce même type de frottement se retrouve avec des instruments tels les effets de guitares électriques et les surcharges d’oscillateurs accordés différemment par octaves du synthétiseur. Les cuivres très riches en harmoniques sont égalisés en section et ne pose pas trop de problèmes avec les autres instruments. Pour alléger des frottements de fréquences, les panoramiques sont de bons secours.